Jean-Louis Debré, le nouveau président de cette institution, a proclamé la liste officielle des douze, a l'issue d'un intense travail de vérification et validation des parrainages par le Conseil, à son siège du Palais Royal à Paris.
Le Conseil a validé en tout 16.615 parrainages. Il en a donc écarté à peu près 300 puisque il avait reçu quelque 16.900 formulaires.
42.000 formulaires avaient été envoyés aux élus à même de parrainer un postulant (maires, parlementaires...).
M. Debré a précisé que "30 personnes avaient fait l'objet d'au moins un parrainage valide".
Un tirage au sort a été effectué au Conseil constitutionnel, pour déterminer l'ordre des panneaux officiels d'affichage électoral. Le hasard a placé en tête le jeune postier LCR Olivier Besancenot et en dernier le champion UMP Nicolas Sarkozy.
La liste dans l'ordre officiel est: Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire), Marie-George Buffet (PCF), Gérard Schivardi ("candidat des maires", soutenu par le Parti des Travailleurs), François Bayrou (UDF), José Bové (altermondialiste), Dominique Voynet (Verts), Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), Ségolène Royal (PS), Frédéric Nihous (Chasse, pêche nature et traditions), Jean-Marie Le Pen (Front national), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Nicolas Sarkozy (UMP).
Cette publication lance une nouvelle phase de la campagne électorale, marquée par l'égalité de temps de parole entre candidats.
Jusqu'au bout, José Bové était resté incertain: son entourage avait fait savoir ce week-end qu'il était parvenu à 504 signatures. Mais restait à les valider. Il a donc en fin de compte franchi la barre des 500 parrainages. "Désormais, la vraie bataille commence" et "l'enjeu est une insurrection électorale contre le libéralisme économique", a-t-il commenté.
Les candidats seront nettement moins nombreux qu'en 2002, où ils étaient 16, un record.
Quatre femmes se présentent, proportion jamais encore atteinte, et pour la première fois l'une d'elles, la socialiste Ségolène Royal, présentée par un parti majeur, a des chances de l'emporter.
Après le feu vert donné à José Bové, pas moins de 5 candidats se réclament de la gauche radicale, une véritable exception française.
La collecte des parrainages requis a été particulièrement compliquée pour les "petits" candidats.
Pour François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Marie-George Buffet, appuyés par des partis disposant de nombreux élus, la recherche n'était qu'une formalité.
Mais les difficultés des autres postulants, notamment de Jean-Marie Le Pen, alors même que le leader frontiste avait été l'invité surprise du second tour en 2002, ont déclenché une réflexion sur une réforme du système.
Le débat, récurrent, avait déjà alimenté un feuilleton en 2002 autour de la candidature du président du FN et la prochaine majorité ne pourra peut-être pas faire l'économie d'une réforme.
La publication de la liste officielle, mardi au Journal Officiel, ouvrira une phase nouvelle, qualifiée d'"intermédiaire" par le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Elle durera jusqu'à l'ouverture de la campagne officielle le 9 avril.



