Dominique Strauss-Kahn a déploré mardi sur Europe 1 que le "Parti socialiste tire à hue et à dia" en jugeant nécessaire de "refonder" le parti.
Comme on lui demandait si Ségolène Royal engageait le PS en téléphonant la veille au président du MoDem, François Bayrou, l'ancien ministre socialiste a répondu: "elle engageait elle-même, mais il faut cesser les mascarades".
"Aujourd'hui, a-t-il poursuivi, le Parti socialiste tire à hue et à dia, et donc personne n'engage véritablement le Parti socialiste plus qu'un autre".
"Les décisions ne sont malheureusement plus collectives, c'est pour cela qu'il faut refonder le Parti socialiste, recréer l'unité", a ajouté M. Strauss-Kahn.
Invité à dire si Mme Royal était le véritable patron du PS, M. Strauss-Kahn a répliqué que la question n'était "pas gentille pour François Hollande" et souligné que le PS avait "besoin de tourner les pages".
Pour lui, "si les socialistes veulent reconquérir une audience dans le pays, il faut être capable de s'adapter à un monde qui a changé". "Le pire, a-t-il dit, serait qu'on s'endorme dans un petit réduit. Il faut être capable de débattre entre nous".
M. Strauss-Kahn a expliqué qu'il fallait "commencer par les idées et ensuite les hommes". S'agissant des hommes, il a jugé qu'il "fallait faire monter" la génération "des 30-35 ans" qui sera "capable de s'opposer aux équipes de Nicolas Sarkozy dans cinq ans".
Concernant les idées, il a estimé que le PS devait "trancher les questions". "Le problème, c'est qu'on se contente de dire que le monde ne nous plaît pas comme ça mais qu'on ne dit pas comment nous voudrions que le monde soit", a-t-il dit.
Il a cité le dossier des retraites, reprochant au PS de ne pas avoir "proposé sa propre réforme des retraites".
Dans une critique voilée du numéro un du PS, il a dénoncé la recherche "d'équilibres instables". "Il faut ne pas avoir peur parfois de faire apparaître une majorité et une minorité au sein du Parti socialiste et avancer", a-t-il recommandé.
François Hollande s'est vu souvent reprocher de rechercher le consensus à tout prix pour ne pas avoir à trancher.
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Dominique Strauss-Kahn a indiqué mardi qu'il n'était "pas favorable à une alliance de parti" avec les centristes de François Bayrou, proposant plutôt "des débats" permettant "d'avancer sur des positions communes" et d'avoir pour des "élections futures des plates-formes communes".
"Je ne suis pas favorable à un mariage, une alliance de partis" avec François Bayrou, a déclaré l'ancien ministre socialiste des Finances sur Europe 1 en prônant plutôt de "réfléchir à des débats qui permettent d'avancer sur des positions communes et lors d'élections futures d'avoir des plates-formes communes".
"Il faut être ouvert à tout", a-t-il dit, en soulignant qu'il s'agissait "d'attirer les électeurs vers la gauche".
Comme le leader du MoDem avait fait part de son estime pour lui, M. Strauss-Kahn a expliqué qu'il considérait "que l'on peut avoir des positions sur de nombreux points qui sont divergentes et avoir néanmoins de l'estime réciproque". "La politique, ce n'est pas un combat de chats qui s'envoient des injures à la figure. Je trouve respectable la façon qu'a François Bayrou de s'exprimer", a-t-il ajouté en faisant part de son "estime" pour le leader centriste.
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Dominique Strauss-Kahn a estimé jeudi que le "sens profond" des "lois scélérates" que prépare Nicolas Sarkozy, c'est que "ceux qui travaillent dur et qui gagnent peu vont faire un chèque à ceux qui gagnent le plus", lors d'une réunion publique à Sarcelles.
"La rupture ça va être la cassure, la création de deux France avec ceux qui profitent des mesures annoncées par le gouvernement et ceux qui ne peuvent pas en profiter et pour qui ça va aller de plus en plus mal", a déclaré le dirigeant socialiste, candidat à sa propre succession dans la 8ème circonscription du Val-d'Oise.
Revenant sur les différentes mesures annoncées ces derniers jours par le gouvernement, M. Strauss-Kahn s'en est d'abord pris à la franchise sur le remboursement des frais de santé qui va aboutir, selon lui, à la mise en place d'une sécurité sociale "à deux vitesses, où ceux qui peuvent sont soignés et ceux qui ne peuvent pas payer sont moins bien soignés".
Selon lui, c'est le tiers des Français les plus riches qui vont bénéficier de la mesure sur la réduction des droits de succession.
Devant quelque 200 sympathisants, le leader socialiste a également estimé que la mesure sur les emprunts immobiliers n'allait pas aider les Français à devenir propriétaires puisque la plupart de ceux qui vont en profiter sont déjà propriétaires.
Cette mesure aura pour conséquence "de transférer de l'argent de ceux qui ne sont pas propriétaires vers ceux qui sont propriétaires", a-t-il affirmé.
Sur la défiscalisation des heures supplémentaires, qui "va coûter très cher, 6 milliards d'euros", le candidat socialiste a estimé que "dans la réalité, le salarié ne peut pas choisir de travailler plus" et que les chômeurs auront de "plus en plus de mal à trouver un emploi."
Rappelant que le PS a perdu trois fois de suite l'élection présidentielle, l'ancien challenger de Ségolène Royal a martelé: "il faut que ce parti change". "On a besoin d'inventer ce que c'est que d'être de gauche au XXIème siècle" pour espérer l'emporter dans cinq ans, a-t-il ajouté.
"Pourquoi la gauche, au premier tour de l'élection présidentielle, a eu le score le plus faible de la Vème République?", s'est-il demandé. Parce que les Français ont eu l'impression qu'on leur racontait "la même chose qu'il y a cinq ans", a-t-il dit.
Estimant que Nicolas Sarkozy avait eu "l'air d'avoir un discours cohérent et la volonté d'avancer" lors de la campagne, il a précisé: "j'en connais dans cette salle qui ont voté Sarkozy pour des raisons que je ne peux pas approuver mais que je peux comprendre".