Voici les principaux axes des réformes voulues par M. Strauss-Kahn, tels qu'ils transparaissent dans une tribune qu'il a signée dans le quotidien Wall Street Journal et dans son intervention devant les administrateurs du FMI:
LE RECRUTEMENT DU PERSONNEL
Il faudra "introduire davantage de diversité dans le personnel pour faire en sorte que le Fonds développe toute l'expertise nécessaire sur les pays à qui il dispense ses conseils". Mais une plus grande ouverture géographique ne doit pas se faire "au détriment de la qualité" du personnel.
LA REPRESENTATION DES PAYS PAUVRES ET EN EMERGENCE
Il est nécessaire de donner aux pays émergents et en voie de développement "une voix plus forte au sein de l'institution". "Nous devons aller beaucoup plus loin" dans la réforme des quotes-parts "et nous accorder sur une réforme ambitieuse au bénéfice des pays dont le dynamisme et le rôle croissant dans l'économie mondiale ne sont pas adéquatement reflétés dans la répartition des quotes-parts, tout en veillant à donner aux autres pays une voix suffisante".
"Il peut être utile de réfléchir à de nouvelles règles de vote au sein du conseil d'administration du Fonds. Une double majorité de quotes-parts et de pays pourrait, par exemple, être exigée pour un petit nombre de décisions cruciales, ce qui garantirait un soutien incontestable aux décisions affectant les principaux aspects de l'institution".
FINANCEMENT
"Le FMI a besoin d'un cadre budgétaire rénové, économisant les ressources des pays membres, ainsi que d'un modèle de financement plus viable". M. Strauss-Kahn dit à cet égard adhérer "à la plupart des recommandations du rapport Crockett, paru en début d'année". Parmi les pistes qui y sont explorées figurent le placement d'une partie du capital du Fonds ainsi que la vente d'une partie "limitée" de ses stocks d'or. Simultanément, le Fonds doit se doter d'un dispositif pour "mieux contrôler ses dépenses".
LE CHAMP D'ACTION DE L'INSTITUTION
"Le rôle du Fonds n'est certes pas de se substituer aux agences de développement. Cependant, étant donné l'importance de la stabilité macroéconomique pour la réduction de la pauvreté, il ne fait aucun doute que le FMI doit rester actif dans les pays à faibles revenus".
PROCESSUS DE DESIGNATION DU DIRECTEUR GENERAL
"Pour occuper un poste aussi primordial, il faut bénéficier du soutien international le plus large". Le directeur général "doit être choisi pour ses mérites sans la moindre référence à sa nationalité", alors que traditionnellement le poste revient à un Européen.